
Rentrée 2026/2027
Hors-d’oeuvre, des histoires …
Babeth Rambault, Alma Oskouei, Coline Dupont, Cédric Martigny, Julien Duporté
Du dimanche 11 octobre 2026 au vendredi 5 mars 2027
Lundi au vendredi de 10h à 18h
VERNISSAGE // DIMANCHE 11 OCTOBRE // 12H
Hors d’oeuvre, des histoires…
L’exposition Hors d’oeuvre, des histoires… souhaite mettre en valeur les univers des artistes plasticien.es qui mènent des projets d’éducation artistique et culturelle coordonnés par Superflux au sein d’établissements scolaires, de soins ou de l’éducation populaire. Proposés par la DRAC Bretagne, ces dispositifs permettent aux publics scolaires, de centres de loisirs, d’EHPAD et de foyers de vie, d’appréhender la création contemporaine comme vecteur de lien social et éveilleur d’interrogations sur le monde qui les entoure.
Ces projets principalement réalisés au sein des établissements sont pour la plupart invisibles aux yeux du grand public. Cette exposition est ainsi une manière d’en faire leur promotion et de témoigner de leur utilité. L’hétérogénéité plastique de l’ensemble présenté révèle une richesse de la production artistique contemporaine régionale et augurent les questionnements qu’elles peuvent susciter auprès des publics impliqués.
Pour cette première édition, les oeuvres des 5 artistes plasticien.es exposées distordent le réel pour mieux l’explorer. Les histoires qu’elles racontent animent notre imaginaire collectif et renvoient à des débats sociétaux actuels sur l’identité, l’écologie et l’uniformisation.
Les oeuvres de Coline Dupont, issues du projet Vernale débuté en 2024, retracent l’histoire de fragments de friches où la nature s’évertue à reprendre sa place. L’artiste y collecte de la végétation qu’elle incorpore dans des bains photographiques et dans lesquels elle plonge les négatifs des lieux photographiés. Les composants de cette nature glanée agissent lors du développement et altèrent les prises de vue originales. Le résultat de ces Soupes vernales est imprimé et accompagné de textes. Tels des récits photographiques, ils racontent des histoires de territoires où le passé et le présent, le chimique et l’organique se rejoignent pour figer des moments de friction entre ce qui a potentiellement été et ce qui possiblement sera.
Julien Duporté présente l’installation Home sweet home composée d’une peinture murale et d’une maison réalisée à partir d’écrans de sérigraphie. A l’instar des maisons des trois petits cochons et de celle d’Hansel et Gretels, celle de l’artiste renvoit à cette idée que le foyer peut être à la fois le symbole de la sécurité mais aussi celui de l’emprisonnement. Un antagonisme illustré à travers le concept du lotissement, groupements de logements établis sur des codes urbanistiques arrêtés, et appuyé par un système économique qui prêche les éléments indispensables à une vie sociale réussie. Ainsi, Julien Duporté nous propose avec ironie de créer notre chez-soi à partir d’une iconographie stéréotype de la maison individuelle, nid douillet où l’idéal croise l’uniformité et l’enclavement. Un conte presque parfait construit à la manière des jeux de console qui proposent la création de la maison de nos rêves à partir de formes préétablies.
La série photographique Icônes de Cédric Martigny croise des histoires, celles de l’art religieux occidental et oriental et celles de personnes lambda issues de la culture queer. Ces mondes s’enchevêtrent dans des mises en scène baroques où les postures maniéristes des portraiturés se fondent aux décors inspirés des retables italiens de la Renaissance. Les portraits photographiques de Cédric Martigny rendent compte d’une réalité sociale marginale à travers une esthétique picturale frontale soulignée par les attitudes fermes et fières des personnages photographiés. Des histoires sans fioritures ni concessions que l’artiste modèle telles des statues de la liberté d’être.
A travers L’ombre des ancêtres perdues : Talismans, Alma Oskoue nous partage une des pratiques ancestrales de la culture iranienne. A l’origine, les talismans sont créés à partir de versets coraniques, d’images symboliques et/ou d’éléments naturels. Leur fonction principale est de protéger de la maladie et du danger ou de porter chance à ceux ou celles qui les revêtent.
Contrairement aux talismans traditionnels, les oeuvres d’Alma Oskoue illustrent une vision personnelle de l’Iran actuel. Des textes issus de l’actualité iranienne sont accompagnés de dessins de l’artiste. Le divin laisse place au profane et les formes symboliques à une création plastique fantasmagorique personnelle et fictive. Cet hommage porté vers le réel reste cependant ouvert à toutes significations. Les écritures, les formes et les éléments rapportés par l’artiste suscitent nos imaginaires individuels et collectifs.
La vidéo de Babeth Rambault intitulée Des variations sans fin met en scène des sculptures en mousse qui expulsent et ingurgitent des pommes de terre. La présence du tubercule, fréquemment représenté et dessiné dans l’univers de l’enfance, apporte aux scénettes une dimension familière et cocasse. De plus, la patate, mot sujet à de nombreuses expressions, semble se jouer des mouvements empotés des entrailles qui les avalent : “bouger comme une patate”. Ces déplacements lents et gauches, générés notamment grâce à l’usage de la technique de la marionnette chaussette assujettie au matériau souple avec lequel les sculptures ont été confectionnées, apportent aux saynettes une dimension à la fois délicate et burlesque. La répétition de l’action (expulsion/absorption) ajoute aux histoires le caractère absurde du geste vain d’un Sisyphe qui roule son rocher.
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