Les interstices de Superflux

Au delà du classicisme - Francis Violette

samedi 12 septembre 2026 et dimanche 13 septembre 2026

Samedi 12h-17h / Dimanche 14h-17h

Les Interstices sont des rendez-vous éphémères imaginés par Superflux pour ouvrir des espaces de rencontre entre les artistes, leurs pratiques et les publics.

À travers des présentations d’œuvres, des démonstrations, des performances ou des ateliers, ces temps invitent à découvrir la création en train de se faire. Ils offrent un accès privilégié aux gestes, aux recherches, aux expérimentations et aux savoir-faire qui donnent naissance aux œuvres.

Chaque Interstice est une parenthèse : un moment de partage où un artiste dévoile une facette de son travail ou transmet les fondements de sa pratique. Qu’il s’agisse d’assister au dévoilement d’une peinture réalisée à l’aveugle, de découvrir une série d’œuvres, de s’initier à la céramique ou d’explorer les possibilités du graphisme, ces rendez-vous font de la création une expérience vivante et accessible.

Avec les Interstices, Superflux affirme sa volonté de faire du centre d’art un lieu où l’on ne vient pas seulement voir des œuvres, mais voir l’art se faire.

 

FRANCIS VIOLETTE

L’ABNÉGATION ESTHETIQUE

Francis Violette, peintre équilibriste, après s’être essayé au non-objet, s’attaque au non-tableau.

Fuyant l’esthétisme et la facilité, l’artiste essaie de s’éloigner de sa propre pratique, ce qu’il appelle « le ronronnement » artistique propre au classicisme, afin de repousser les frontières de ses propres habitudes et mécanismes esthétiques et d’innover.

Sa dernière oeuvre, « le tableau en aveugle », se veut un saut dans le vide, une épreuve artistique à contre-courant afin de sortir de la complaisance qui l’habite face à la toile. Pendant trois séances, il s’est évertué à peindre sans voir son oeuvre. Celle-ci sera dévoilée à tous, le peintre compris, lors de son déroulement à la Galerie Superflux le 12 septembre.

Pourquoi donc s’évertuer à peindre sans voir ? Francis veut s’éloigner des contraintes esthétiques qui l’habitent, de l’équilibre des formes, de la couleur et de son agencement bien sage sur la toile, de la perspective qui vient compléter la mise en scène des éléments constitutifs du tableau.

En peignant à l’aveugle, il espère se libérer de ces contraintes, oublier ses références, se défaire du classicisme qui envahit son oeuvre en dépit de lui-même. Peindre sans voir donc, en se fiant uniquement à son instinct en espérant que celui-ci sera dévoyé par la pratique même, qui ne permet pas de prendre de la distance, d’observer et de revenir sur ses pas en connaissance de cause.

Francis le dit lui-même, en peignant à l’aveugle :

Je ne suis pas peintre, j’ignore tout du processus. Peindre, effacer, peindre, effacer, en laissant des traces de cette recherche, cela donne à voir un devenir non référencé. Le devenir non référencé, c’est peut-être s’éloigner du classicisme, annuler le ronronnement par un acte désintéressé et non séducteur, c’est tendre vers l’abnégation.

 

Alice D. Peinado

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